« Demander souvent, se contenter de peu, récompenser beaucoup »
Capitaine Beaudant
En équitation, on parle beaucoup technique, progression, objectifs… on en met parfois moins en avant ce qui fait pourtant le cœur de notre pratique : la relation avec Loulou. Or, la manière dont nous récompensons nos chevaux en dit beaucoup sur la façon dont nous les considérons, les écoutons et construisons avec eux une communication juste.
Récompenser, ce n’est pas « céder » ni « gâter ». C’est informer le cheval qu’il est sur la bonne voie, renforcer un comportement souhaité et nourrir la confiance mutuelle (et pas seulement sa gourmandise!). Encore faut-il savoir comment et avec quoi récompenser.
Pourquoi la récompense est essentielle dans l’apprentissage
Loulou apprend beaucoup par association, comme nous soit dit en passant. Lorsqu’un comportement est suivi d’une conséquence agréable, il va naturellement avoir tendance à le reproduire. La récompense devient alors un outil précieux pour :
- clarifier nos demandes,
- encourager la motivation,
- diminuer le stress et la confusion,
- renforcer la coopération plutôt que la contrainte.
Dans une approche respectueuse du cheval — qu’elle soit dite éthologique, relationnelle ou simplement cohérente — la récompense ne vient pas « après coup » de manière automatique, mais au bon moment, avec intention.
Toutes les récompenses ne se valent pas
Il existe différentes formes de récompenses, et aucune n’est universelle. Chaque cheval a ses préférences, son vécu, sa sensibilité. L’enjeu est d’apprendre à les connaître.
La voix et le relâchement
Un cheval est extrêmement sensible à notre ton de voix et à notre posture. Un simple « c’est bien », dit calmement, associé à un relâchement de la pression (rênes, jambes, longe…), peut déjà constituer une récompense forte, alors imaginez un « Ouiiiii mon Loulou, trop bien ça!! » ultra enthousiaste, accompagné d’un vrai relâchement!
Le relâchement est d’ailleurs la première des récompenses : il indique clairement au cheval que ce qu’il vient de proposer est juste.
Les caresses… oui, mais pas n’importe comment
On pense souvent bien faire en caressant largement l’encolure ou la tête. Pourtant, beaucoup de chevaux tolèrent ces gestes plus qu’ils ne les apprécient réellement.
De nombreuses études et observations montrent que les chevaux sont souvent plus réceptifs aux gratouilles ciblées, notamment :
- au garrot,
- à la base de l’encolure,
- au niveau de l’épaule.
Ces zones correspondent à celles qu’ils utilisent entre eux lors des toilettages sociaux. Mais, comme pour nous tous les chevaux sont différents, et vont avoir une préférence, à vous de trouver celle de Loulou. Une grattouille bien placée, au bon moment, peut être une récompense extrêmement puissante, parfois bien plus qu’une friandise.
Et les friandises dans tout ça ?

Les friandises ont parfois mauvaise réputation : cheval « mordeur », trop envahissant, déconcentré… Ces dérives existent, mais elles ne sont pas une fatalité. Elles sont le plus souvent liées à un manque de cadre, et non à la friandise en elle-même.
Utilisées avec cohérence, les friandises peuvent être :
- très motivantes,
- précises (idéal pour le travail à pied),
- utiles pour les chevaux peu sensibles aux caresses,
- rassurantes pour les chevaux anxieux ou en rééducation.
L’important est de les intégrer dans une logique claire : pas de friandise arrachée, une distribution calme, une récompense qui suit un comportement précis.
Oui, mais tous les chevaux ne peuvent pas manger « n’importe quoi »
C’est là qu’un point essentiel entre en jeu : la santé. Parce la voix et les grattouilles vont rarement affecter la santé de Loulou, alors que les friandises, elles, peuvent être problématiques.
De nombreux chevaux ne peuvent pas recevoir de friandises classiques :
- chevaux sujets à la fourbure,
- chevaux atteints de SME (syndrome métabolique),
- chevaux insulinorésistants,
- chevaux âgés ou sensibles sur le plan digestif (ulcéreux par exemple), etc…
Renoncer aux friandises pour ces chevaux peut parfois sembler frustrant… alors qu’il existe aujourd’hui des alternatives adaptées, permettant de conserver ce mode de récompense sans mettre leur santé en danger.
C’est le cas de la gamme Herballs de Hilton Herbs, toute nouvelle sur le site. Composées d’ingrédients simples et naturels, sans sucres ajoutés, additifs ou mélasse, ces friandises permettent de récompenser en toute sérénité, même les chevaux pour lesquels les bonbons « traditionnels » sont déconseillés. Et sans sacrifier l’appétence ni la variété des goûts proposés.
Elles permettent à la fois de récompenser fréquemment sans culpabilité, de respecter les besoins physiologiques du cheval et de garder une bonne cohérence entre démarche éducative et bien-être global quand les friandises classiques pour les Loulous qui sinon en serait privés.
La friandise redevient alors ce qu’elle devrait toujours être : un outil de communication, pas un risque ni une entorse aux bonnes pratiques.
Adapter la récompense au cheval… et au moment
Un dernier point essentiel : la meilleure récompense dépend aussi du contexte.
- En plein effort physique : une pause, un relâchement, une respiration.
- Dans un apprentissage délicat : une friandise précise et immédiate.
- Dans un moment émotionnel : une présence calme, une gratouille apaisante.
Observer son cheval, tester, ajuster… c’est ainsi que l’on affine une relation juste et respectueuse.
En conclusion
Récompenser Loulou, ce n’est pas appliquer une recette toute faite. C’est écouter, observer et surtout choisir consciemment.
Caresses, gratouilles, voix, pauses, friandises : chaque outil a sa place, à condition d’être utilisé avec cohérence, respect et bienveillance, et non par simple réflexe de fin de séance (même si une routine ou un petit rituel de fin de séance peut tout à fait faire partie de cette démarche, à condition que ce soit réfléchi et pensé pour Loulou et votre relation).
Parce qu’un cheval compris est un cheval plus serein, plus volontaire… et parce qu’une relation fondée sur la confiance est toujours la plus belle des récompenses.







